Site icon Le guide musique, audio et vidéo

Loverboy et “Turn Me Loose” : l’histoire incroyable du tube qui a sauvĂ© un guitariste virĂ©


🎾 Calgary, hiver 1978. Un entrepĂŽt de bus aux fenĂȘtres peintes en noir.

Un chanteur en transit passe la tĂȘte par la porte parce qu’il entend une guitare. À l’intĂ©rieur : un type qui vient d’ĂȘtre virĂ© de son groupe prĂ©cĂ©dent, qui gratte tout seul sous un radiateur gĂ©ant suspendu au plafond. Personne ne parle de carriĂšre musicale ce soir-lĂ . Ils Ă©crivent une chanson. Deux ans plus tard, ce mĂȘme type aux fenĂȘtres peintes — Paul Dean — sera coauteur d’un des plus gros singles de l’arena rock canadien : “Turn Me Loose”. Le morceau qui va faire vendre 2 millions d’exemplaires de l’album Loverboy aux États-Unis, qui va se classer #7 au Canada et Top 10 en Australie. Voici l’histoire vraie de ce tube — celle que vous n’avez pas lue.

⚡ Loverboy & Turn Me Loose — les faits clĂ©s :

  • Origine du groupe : formĂ© Ă  Calgary (Alberta) en 1979 par Mike Reno (chant) et Paul Dean (guitare). BasĂ© ensuite Ă  Vancouver.
  • Auteurs de Turn Me Loose : Mike Reno + Paul Dean. Producteur : Bruce Fairbairn. IngĂ©nieur : Bob Rock (le futur producteur de Metallica). Studio : Little Mountain Sound, Vancouver.
  • Sortie : 1980 (album), single sorti le 7 fĂ©vrier 1981.
  • Classements : #7 Canada, #35 Billboard Hot 100, #6 Billboard Pop Rock Tracks, Top 10 Australie et Nouvelle-ZĂ©lande.
  • Genre : hard rock + beat disco + claviers new wave — un hybride rare qui dĂ©finit l’arena rock canadien des annĂ©es 80.
  • Anecdote : la fameuse note tenue sur “I’ve gotta do it my way” a Ă©tĂ© enregistrĂ©e en une seule prise par Mike Reno.

L’entrepĂŽt de bus, le radiateur gĂ©ant et un guitariste qui vient de se faire virer

Toutes les histoires de groupes mythiques commencent par une rencontre improbable. Celle de Loverboy se passe dans un endroit que personne n’aurait choisi pour un rendez-vous musical : un entrepĂŽt municipal de Calgary oĂč la ville rĂ©parait ses bus. Les fenĂȘtres sont peintes en noir et recouvertes de papier journal. À l’intĂ©rieur : un seul radiateur industriel suspendu au plafond, et un guitariste qui s’appelle Paul Dean.

Dean a alors 32 ans et il vient de vivre la pire annĂ©e de sa vie professionnelle. Il a Ă©tĂ© virĂ© de Streetheart, son groupe prĂ©cĂ©dent, aprĂšs leur premier album. Pour gagner sa vie, il joue de la basse dans un cover band local — humiliation absolue pour un guitariste lead. Il raconte lui-mĂȘme en interview : “Ça m’a vraiment foutu en l’air. Mais une chose est sĂ»re, ça m’a bottĂ© le cul pour me remettre en route.” C’est dans ce contexte qu’un soir de l’hiver 1978, Mike Reno — chanteur fraĂźchement quittĂ© du groupe Moxy, en transit Ă  Calgary pour aider sa copine Ă  s’installer — entend de la guitare en sortant d’une boĂźte de nuit.

đŸŽ€ Ce que Mike Reno raconte en 2020, 40 ans aprĂšs : “On s’est rencontrĂ©s par hasard alors que je quittais une boĂźte de nuit aprĂšs un concert. Le lieu de rencontre Ă©tait un peu Ă©trange parce que c’était dans un entrepĂŽt qu’ils utilisaient pour rĂ©parer les bus de la ville, et les fenĂȘtres Ă©taient toutes peintes en noir avec du papier journal et de la peinture. Il n’y avait rien lĂ -dedans Ă  part un Ă©norme radiateur suspendu au toit. J’ai passĂ© la tĂȘte parce qu’il y avait un type qui jouait de la guitare.”

Cette mĂȘme nuit, ils Ă©crivent ensemble “Always on My Mind” — qui finira sur le premier album de Loverboy. Reno n’avait pas du tout l’intention de rester Ă  Calgary. Il devait juste y dĂ©poser sa copine pour ses Ă©tudes et partir voir son frĂšre Ă  Los Angeles. Il restera. Et c’est ce qui changera tout.

Le casting du groupe — quand on “vole” les meilleurs musiciens des autres groupes

Avec une dynamique d’écriture qui fonctionne entre Dean et Reno, il leur faut maintenant un groupe complet. Leur mĂ©thode est aussi pragmatique qu’efficace, et Reno la dĂ©crit avec un grand sourire 40 ans plus tard : “On allait Ă  ces concerts et on matait le groupe pour voir s’il y avait de bons musiciens — et je me souviens que le leader du groupe en question disait : ‘Ils vont nous piquer notre bassiste !’ Et c’est exactement ce qu’on a fini par faire.”

Le casting final :

Le quintet est formĂ©. Manager : Bruce Allen, l’homme qui gĂšre Bachman Turner Overdrive (BTO) — soit l’un des managers rock les plus puissants du Canada de l’époque. Allen les fait dĂ©mĂ©nager Ă  Vancouver, oĂč la scĂšne musicale de l’Ouest canadien est plus structurĂ©e. Premier concert du groupe : novembre 1979, en premiĂšre partie de KISS au Pacific Coliseum. Pas mal pour un groupe formĂ© six mois plus tĂŽt dans un entrepĂŽt de bus.

Tous les labels amĂ©ricains les refusent — sauf Columbia Canada

L’industrie du disque amĂ©ricain n’y croit pas. Loverboy enregistre des dĂ©mos sur boĂźte Ă  musique portable, puis fait des dĂ©mos plus propres en 8 pistes — notamment une version “tueuse” de Turn Me Loose. Bruce Allen amĂšne tous les patrons de labels amĂ©ricains Ă  les voir. Refus systĂ©matique.

Mike Reno raconte les retours : “Ils faisaient ‘Nan, je n’entends rien, je pense que c’est juste un groupe de bar.'” Tous les labels US passent leur tour. Sauf un — la branche canadienne de Columbia Records, basĂ©e Ă  Toronto, qui leur offre un contrat. DĂ©cision qui va se rĂ©vĂ©ler historique.

đŸ”¶ Ce que personne ne raconte sur la production :

L’équipe que Columbia Canada met sur le premier album de Loverboy va devenir l’équipe la plus puissante du rock nord-amĂ©ricain des annĂ©es 80-90. Producteur : Bruce Fairbairn — qui produira ensuite Bon Jovi (Slippery When Wet, New Jersey), Aerosmith (Permanent Vacation, Pump), AC/DC (The Razors Edge). IngĂ©nieur du son : Bob Rock — qui produira le Black Album de Metallica en 1991, considĂ©rĂ© comme l’album rock le mieux produit de tous les temps. Assistant ingĂ©nieur : Mike Fraser — qui ingĂ©niĂ©rera plus tard la quasi-totalitĂ© des albums d’AC/DC. Trois lĂ©gendes de la production rock, rĂ©unies dans Little Mountain Sound Ă  Vancouver sur ce premier album Loverboy. C’est lĂ  qu’ils ont fait leurs armes.

L’album Loverboy sort en aoĂ»t 1980. Il se vend Ă  700 000 exemplaires au Canada en moins de 6 mois. Les patrons de Columbia Records Ă  New York — qui avaient refusĂ© le groupe quelques mois plus tĂŽt — se ravisent en urgence et reprennent le contrat. Sortie amĂ©ricaine en novembre 1980. Le disque grimpera jusqu’à la #13 du Billboard 200 et se vendra Ă  2 millions d’exemplaires aux États-Unis. CertifiĂ© double platine par la RIAA.

Turn Me Loose — l’anatomie du tube

Le morceau dure 5 minutes 38 en version album, 3 minutes 30 en version single radio. Il a Ă©tĂ© enregistrĂ© en 1979, sorti sur l’album en 1980, et choisi comme single de lancement en fĂ©vrier 1981. Voici ce qui le rend si spĂ©cial.

Une structure hybride introuvable ailleurs

WikipĂ©dia dĂ©crit Turn Me Loose comme combinant “hard rock guitars, a disco beat and new wave keyboards”. Cette description est techniquement exacte — et explique le succĂšs commercial du morceau. À cette Ă©poque (1980), le hard rock se mourait progressivement face au disco et Ă  la new wave. PlutĂŽt que de choisir un camp, Loverboy combine les trois :

Le rĂ©sultat plaĂźt Ă  tout le monde. Les rockeurs achĂštent l’album pour les guitares. Les radios commerciales le passent parce que c’est dansant. MTV (qui lance ses Ă©missions en 1981) en fait l’un de ses premiers tubes tĂ©lĂ©visuels — Loverboy avec ses cuirs rouges devient un symbole visuel de la chaĂźne naissante.

Le moment qui a fait signer le groupe — une seule prise

Paul Dean l’a confirmĂ© en interview : “C’était la chanson qui je suis sĂ»r nous a fait signer le contrat. Mike a calĂ© la grande note sur ‘I’ve gotta do it my way’ en une seule prise.” Cette note tenue — celle qui monte juste avant le refrain — n’a jamais Ă©tĂ© refaite ou redoublĂ©e en studio. Reno l’a chantĂ©e une fois. Bob Rock a appuyĂ© sur “stop”. Personne n’a touchĂ© Ă  la prise. C’est elle qu’on entend aujourd’hui.

Le riff de basse comme architecture du morceau

Une analyse plus technique de Turn Me Loose rĂ©vĂšle que le vĂ©ritable squelette de la chanson n’est pas la guitare — c’est la basse de Scott Smith. Le riff de basse descendant, jouĂ© dĂšs l’ouverture, porte la mĂ©lodie entiĂšre. Les claviers s’y posent dessus, la guitare vient l’enrichir en mode crunchy, mais c’est la basse qui crĂ©e la signature reconnaissable du morceau en 2 notes. Cette construction “bass-driven” est rare dans le hard rock de l’époque — c’est plus typique du funk ou du disco. C’est lĂ  que l’hybridation des genres se voit vraiment.

La Stratocaster modifiĂ©e de Paul Dean — l’instrument qui a tout fait

Voici l’information rare qui intĂ©ressera les guitaristes. La guitare que Paul Dean utilise sur Turn Me Loose — et sur tous les hits de Loverboy — n’est pas une guitare de sĂ©rie. C’est une Fender Stratocaster 1964 entiĂšrement modifiĂ©e par Dean lui-mĂȘme. Son histoire mĂ©rite d’ĂȘtre racontĂ©e en dĂ©tail.

🎾 La fiche technique rĂ©elle de la guitare des hits de Loverboy :

  • Base : Fender Stratocaster 1964 (corps en aulne d’origine)
  • Corps : Ă©vidĂ© puis renforcĂ©/rempli avec du pin ou du sapin — modification artisanale pour modifier la rĂ©sonance et le sustain
  • Manche : fabriquĂ© entiĂšrement Ă  la main par Paul Dean. Style Telecaster avec une rupture caractĂ©ristique Ă  la 10e frette qui reproduit la rĂ©sonance de son ancien manche qu’il avait fracassĂ©
  • Pickguard : “anti-rayures” caoutchoutĂ© Ă  dos mĂ©tallique (modĂšle expĂ©rimental)
  • Amplis : surtout Marshall et Hiwatt 50W en studio. Quand le Hiwatt a lĂąchĂ© en pleine session d’enregistrement, Dean a utilisĂ© un Roland Space Echo RE-301 comme prĂ©ampli pour saturer le signal

Cette guitare est si particuliĂšre qu’elle a inspirĂ© plus tard les guitares signature Paul Dean fabriquĂ©es par Odyssey et Hondo. La rĂ©sonance unique provient d’une combinaison improbable : un corps modifiĂ©, un manche fait main avec ce fameux point de rupture au 10e frette, et un pickguard expĂ©rimental. Pour les guitaristes intĂ©ressĂ©s par les dĂ©tails techniques du son rock des annĂ©es 80 et les modifications de Stratocaster, notre guide complet des meilleures guitares Ă©lectriques couvre les options modernes pour reproduire ce type de son hybride hard rock / arena rock.

L’ironie de cette histoire : Dean avait Ă©tĂ© virĂ© de son groupe prĂ©cĂ©dent en partie parce qu’il Ă©tait considĂ©rĂ© comme un guitariste “techniquement mĂ©diocre”. Son ancien employeur s’est sans doute mordu les doigts en entendant Turn Me Loose Ă  la radio.

Le succĂšs, MTV et les pantalons en cuir rouge

Quand MTV lance ses émissions le 1er août 1981, Loverboy fait partie des groupes que la chaßne diffuse massivement. La chaßne a besoin de contenu visuellement marquant pour son public. Loverboy livre exactement ça : les pantalons en cuir rouge, les bandanas, les coupes de cheveux gonflées, le chant haut perché de Reno. Le clip de Turn Me Loose passe en rotation lourde.

Les chiffres parlent d’eux-mĂȘmes :

Pays / Classement Position Turn Me Loose Certification
Canada (RPM) #7 Or
USA Billboard Hot 100 #35 —
USA Billboard Pop Rock Tracks #6 —
Australie Top 10 —
Nouvelle-Zélande Top 10 Or (15 000)

En 1982, Loverboy rafle 6 Juno Awards en une seule soirĂ©e — record absolu Ă  l’époque pour les Junos canadiens. Parmi ces prix : Single of the Year (Turn Me Loose), Songwriters of the Year (Reno + Dean pour Turn Me Loose), Group of the Year. C’est la consĂ©cration totale d’un groupe que tous les labels amĂ©ricains avaient refusĂ© deux ans plus tĂŽt.

Pourquoi Turn Me Loose existe toujours dans la culture pop en 2026

Le morceau a survĂ©cu Ă  ses annĂ©es 80 d’origine grĂące Ă  plusieurs rĂ©surrections culturelles successives :

Ce que vous ne lirez pas ailleurs sur Loverboy

đŸ”¶ Les 4 anecdotes que les biographies oublient :

  1. Le concert de Toronto oĂč ils ont Ă©tĂ© booed off — dĂ©but de carriĂšre, premiĂšre partie d’un groupe qu’ils n’auraient jamais dĂ» ouvrir. Selon Paul Dean : “Le public a lancĂ© des briquets, des bouteilles, des glaçons et des piĂšces de monnaie. On a rĂ©ussi Ă  faire quatre chansons avant de se faire huer hors de la scĂšne.” Le groupe a tenu bon. Deux ans plus tard, il vendait 2 millions d’albums aux États-Unis.
  2. Mike Reno faisait du chantier pendant qu’il chantait — quand il s’est installĂ© Ă  Calgary, il portait du ciment toute la journĂ©e sur un chantier pour gagner sa vie en attendant que le groupe dĂ©colle. Dean s’en souvient : “Il travaillait dans la construction le jour, Ă  charrier du ciment.”
  3. Le bassiste avant Scott Smith Ă©tait stockbroker — premier essai de bassiste, parti rapidement. Un autre candidat est venu en train depuis Toronto, voyage de 4 jours, n’a pas convaincu. Le casting prenait du temps.
  4. L’ampli Hiwatt qui a cramĂ© en pleine session — pendant l’enregistrement de l’album, l’ampli Hiwatt 50W de Paul Dean a rendu l’ñme. PlutĂŽt que de tout reprogrammer, Dean a improvisĂ© en utilisant un Roland Space Echo RE-301 comme prĂ©ampli pour pousser le signal dans le saturĂ©. Le son particulier qu’on entend sur certains passages vient de cette panne accidentelle.

Reproduire le son de Paul Dean sur Turn Me Loose en 2026

Pour les guitaristes qui voudraient s’approcher du son de Paul Dean sur Turn Me Loose, voici ce qu’il faut savoir techniquement.

Le son d’origine combine : une Stratocaster modifiĂ©e (impossible Ă  reproduire exactement, mais une Strat de qualitĂ© avec pickups vintage approche), un ampli Marshall ou Hiwatt 50W en saturation modĂ©rĂ©e (pas du heavy metal saturĂ© — du crunch contrĂŽlĂ©), et l’ajout d’un echo/dĂ©lai analogique pour Ă©paissir le signal. La modification artisanale du manche de Dean est inreproductible, mais le concept reste : un instrument qu’on connaĂźt par cƓur, modifiĂ© pour correspondre exactement Ă  sa main et Ă  son style. Si vous voulez aller plus loin dans la construction du son rock 80s, notre guide sur les pĂ©dales de guitare multi-effets couvre les options modernes (notamment les simulations d’amplis qui permettent d’obtenir le crunch Hiwatt sans investir dans le vrai ampli).

Et pour les dĂ©butants qui voudraient se lancer sur les morceaux des annĂ©es 80 — Turn Me Loose Ă©tant techniquement trĂšs accessible — notre article sur la guitare Ă©lectrique pour dĂ©butant donne tous les conseils pour bien dĂ©marrer sans se ruiner.

FAQ — vos questions sur Loverboy et Turn Me Loose

De quel pays vient le groupe Loverboy ?
â–Ÿ

Loverboy est un groupe de rock canadien, formĂ© en 1979 Ă  Calgary (Alberta) par Mike Reno (chant) et Paul Dean (guitare). Le groupe s’est rapidement installĂ© Ă  Vancouver (Colombie-Britannique) oĂč se trouvait Bruce Allen, le manager qu’ils avaient ciblĂ©. Tous les hits du groupe ont Ă©tĂ© enregistrĂ©s au studio Little Mountain Sound de Vancouver.

Qui a écrit Turn Me Loose ?
â–Ÿ

Turn Me Loose a été coécrit par Mike Reno (chanteur) et Paul Dean (guitariste). Les deux ont reçu le Juno Award du Songwriter of the Year 1982 pour cette chanson. Producteur : Bruce Fairbairn. Ingénieur du son : Bob Rock (le futur producteur du Black Album de Metallica).

Quelle guitare Paul Dean utilise-t-il sur Turn Me Loose ?
â–Ÿ

Une Fender Stratocaster 1964 entiĂšrement modifiĂ©e par Paul Dean lui-mĂȘme. Le corps en aulne d’origine a Ă©tĂ© Ă©vidĂ© puis renforcĂ© avec du pin/sapin pour modifier la rĂ©sonance. Le manche est fait main par Dean, style Telecaster, avec une rupture caractĂ©ristique Ă  la 10e frette. Amplis utilisĂ©s en studio : Marshall et Hiwatt 50W. Cette guitare unique est visible sur la pochette arriĂšre du premier album de Loverboy en 1980.

Le groupe Loverboy existe-t-il encore en 2026 ?
â–Ÿ

Oui — Loverboy tourne toujours rĂ©guliĂšrement. La formation actuelle inclut Mike Reno (chant), Paul Dean (guitare), Doug Johnson (claviers), Matt Frenette (batterie) — soit 4 des 5 membres d’origine de l’album de 1980. Ken “Spider” Sinnaeve a remplacĂ© Scott Smith Ă  la basse aprĂšs le dĂ©cĂšs accidentel de ce dernier en 2000 (emportĂ© par une vague au large de la Californie). Le groupe a sorti plusieurs albums depuis (notamment Just Getting Started en 2007, Unfinished Business en 2014) et tourne principalement aux États-Unis et au Canada.

Combien d’albums Loverboy a-t-il vendus en tout ?
â–Ÿ

Plus de 15 millions d’albums vendus dans le monde. Les 5 premiers albums seuls ont dĂ©passĂ© les 14 millions d’exemplaires. Loverboy a Ă©tĂ© le premier groupe canadien Ă  recevoir le Crystal Globe Award de Columbia Records, qui rĂ©compense les artistes ayant vendu plus de 5 millions de disques en dehors du Canada. Au total, le groupe a remportĂ© 6 Juno Awards en 1982 (record en une soirĂ©e Ă  l’époque) et a Ă©tĂ© intronisĂ© au Canadian Music Hall of Fame en 2009.

Pourquoi Loverboy n’a-t-il pas survĂ©cu aux annĂ©es 90 comme groupe majeur ?
â–Ÿ

Le groupe a souffert du changement de tendance musicale : MTV a cessĂ© de considĂ©rer Loverboy comme “viable” autour de 1987 (l’arrivĂ©e du grunge en 1991 avec Nirvana a achevĂ© l’arena rock comme genre dominant). L’album Wildside (1987) a sous-performĂ© malgrĂ© la qualitĂ© du matĂ©riel. Le groupe s’est dissous en 1988, briĂšvement reformĂ© en 1989, puis dĂ©finitivement reformĂ© en 1991 pour un concert caritatif organisĂ© par Bryan Adams et Bon Jovi pour Brian MacLeod de Chilliwack. Mike Reno a admis : “Des groupes comme Nirvana ont rendu trĂšs difficile pour Loverboy de retrouver leur place.”

Ce qu’il faut retenir sur Loverboy et Turn Me Loose

L’histoire de Loverboy est l’antithĂšse parfaite du mythe du succĂšs express. C’est une histoire de musiciens trentenaires qui galĂ©raient depuis 15 ans dans des groupes de bar, qui se sont rencontrĂ©s par hasard dans un entrepĂŽt de bus aux fenĂȘtres peintes en noir, qui se sont fait refuser par tous les labels amĂ©ricains, et qui ont quand mĂȘme fini par vendre 15 millions d’albums dans le monde. Turn Me Loose est le morceau pivot — la prise enregistrĂ©e en une fois qui a fait basculer Columbia Canada vers un “oui”.

Pour les guitaristes qui voudraient reproduire ou se rapprocher du son hybride hard rock / arena rock de Paul Dean, notre guide complet des meilleures guitares Ă©lectriques et notre article sur les guitares Ă©lectriques Fender (Stratocaster en particulier) sont les meilleurs points de dĂ©part. Et si vous dĂ©butez avec l’envie de jouer des riffs comme celui de Turn Me Loose, notre guide pour dĂ©buter Ă  la guitare Ă©lectrique vous Ă©vitera les erreurs courantes des premiĂšres annĂ©es.

Quitter la version mobile